Freedom Track Club

INTRODUCTION

En Avril 2017, Saucony a créé un nouveau groupe d’entraînement Elite, le Freedom Track Club. Le concept s’articule autour de la philosophie d’entrainement et de recrutement du coach en chef, Tim Broe, ancien athlète olympique pour les USA et élu Boston Globe Coach de l’Année en 2016.
Apprenez en plus sur le vécu et la vision de Tim en visionnant la vidéo ou en lisant son regard personnel sur le sport, « Old School Vs New School », ci-dessous.

 

OLD SCHOOL VS NEW SCHOOL

Par Tim Broe

Le Freedom Track Club est un projet sur lequel j’ai commencé à travailler alors que j’étais un tout jeune professionnel à peine sorti de l’Université de l’Alabama. L’objectif semblait assez simple : créer une structure supportrice et un environnement d’entrainement où des athlètes désintéressés, bosseurs et durs au mal, pourraient s’unir et repousser les limites de leurs capacités. Deux petits obstacles se dressaient devant nous :

1. Trouver un endroit où les athlètes les plus talentueux du pays accepteraient de vivre.
2. Trouver une entreprise qui partage ma passion pour le sport et désireuse d’investir dans le futur de la course de fond Américaine. Ça m’a pris quelques années (16 pour être exact).

Mais j’ai fini par trouver les deux !

J’ai toujours eu le coaching dans le sang. J’ai été attiré par l’aspect humain de la compétition depuis aussi loin que je me souvienne. Que ce soit le dernier carré de Wimbledon, le trou numéro 13 du dernier jour des Masters, ou le dernier saut de la finale de la longueur  aux Jeux de 1996 (Carl Lewis… GOAT !), la psychologie de la performance athlétique sous pression inspira des rêves de gloire fous. Dans le parc, enfant, j’étais celui qui rassemblait tout le monde ensemble chaque jour de chaque été (pense Sandlot) pour jouer un jeu juste et honnête. En dépit des challenges que peuvent rencontrer les enfants qui grandissent en milieu difficile, on n’avait pas le droit de se plaindre et on se devait de faire preuve de fair play. Je ne suis pas certain de l’origine de cette exigence, mais je suppose que ça a un rapport avec le fait d’être élevé par une mère qui exigeait la même chose de moi. C’était inscrit en moi de travailler dur, de toujours me dépasser et de traiter tout le monde avec respect.

« C’ETAIT INSCRIT EN MOI DE TRAVAILLER DUR, DE TOUJOURS ME DEPASSER ET DE TRAITER TOUT LE MONDE AVEC RESPECT. »

Passage en revue rapide de ma première année après l’université. Comme beaucoup d’athlètes, j’étais complètement dans le flou à propos du monde du running professionnel. Avant qu’il n’y ait un club dans chaque région du pays, des athlètes étaient contraints de s’entrainer seuls ou de rester avec le coach de leur université. « A l’époque » le seul soutien fourni par les équipementiers était un checkup trimestriel. C’était le temps des athlètes qui se faisaient seuls et le succès était durement gagné. Très peu gagnaient suffisamment d’argent pour subvenir aux besoins rigoureux d’un coureur longue distance professionnel.  Il n’y avait pas le droit à l’erreur et ceux qui ne parvenaient pas à s’auto-discipliner ou qui n’arrivaient pas à rester en forme sortirent rapidement par la petite porte. Je sais que je ne suis pas si vieux, mais les choses ont changé drastiquement ces dix dernières années. Avant l’avènement des montres Garmin vous appreniez à ressentir votre allure/distance. Il n’y avait pas lieu de charger votre session d’entrainement sur un site internet pour pouvoir vous vanter d’être le plus rapide sur un quelconque parcours. Vous n’alliez pas chez le médecin quand vous étiez malade ou chez le kiné quand vous étiez blessé. Si vous aviez mal au pied vous le noyiez dans un tube de DMSO (à ne pas faire d’ailleurs !). Si vous aviez une thyroïde légèrement sous active… vous repoussiez l’entrainement et vous faisiez avec. Vous n’aviez pas besoin de manchons pour les matins froids. Quand les teeshirts en coton vous brulent à vif vous faites avec. Les stages en altitude, les coaches personnels, les médecins d’équipe… Des luxes que seuls les vrais athlètes pouvaient se payer. Les abdos ou le gainage… Qui avait le temps et l’énergie pour ça ? Les massages c’était pour les faibles mentalement. Ca a pu être primitif et nous nous sommes probablement compliqué la tâche, mais ça t’apprends à t’en sortir dans l’adversité, la seule constante dans le monde en perpétuel mouvement qu’est celui du sport.

« CA A PU ETRE PRIMITIF, ET NOUS NOUS SOMMES PROBABLEMENT COMPLIQUE LA TACHE, MAIS CA T’APPRENDS A T’EN SORTIR DANS L’ADVERSITE »

Je me retrouve fréquemment dans des débats philosophiques avec des coaches à propos de la direction qu’a pris le sport et la nature des athlètes de longue distance d’aujourd’hui. Beaucoup regrettent que les jeunes d’aujourd’hui ne soient plus des durs au mal, qu’ils se fient trop à des futilités plutôt que de s’accrocher et d’accomplir leur objectif. Je partage ce sentiment à quelques détails près. Mais j’ajouterais également que ces jeunes d’aujourd’hui  doivent faire face à bien plus de distractions et de stress qu’auparavant. La pression de réussir dès le plus jeune âge est suffocante et chaque mouvement est scruté. Les efforts de leur temps et d’énergie qui leurs sont demandés les laissent fréquemment à la limite de la rupture. Les jeunes Américains s’entrainement incroyablement plus dur et courent bien plus vite que jamais auparavant. Vous vous souvenez de quand un mile couru sous les 4’ faisait les gros titres ? Rien que cette année on a quatre lycéens au niveau ou en dessous de cette barrière mythique ! C’est un témoignage pour les entraîneurs intelligents et les athlètes entraînés.

D’où vient cette affirmation que les enfants d’aujourd’hui ne sont plus durs au mal ? Après 10 ans de coaching à tous les niveaux, le plus gros problème que je vois provient des coaches et des parents qui essayent de protéger leur enfant de l’échec. Mais il n’est aucune meilleure leçon de vie, aucune meilleure motivation que l’échec. Les coaches font le serment d’aider chaque athlètes à atteindre leur potentiel maximum. Nous avons rassemblé nos connaissances et leur avons donné le plan. La méthode est présentée ainsi : Conforme-toi au plan, fais le boulot, et ton succès est garanti. C’est là que réside l’erreur. Le succès n’est jamais garanti et dans notre objectif de les amener au top le plus rapidement possible on peut bâcler le développement des fondamentaux qui sont le dénominateur commun de chaque grand champion : détermination, résistance et hargne. Ce sont les mêmes fondamentaux qui ont fait de ce pays ce qu’il est aujourd’hui.

« IL N’EST AUCUNE MEILLEURE LECON DE VIE, AUCUNE MEILLEURE MOTIVATION QUE L’ECHEC »

Quel est donc le type d’athlète recherché par le Freedom Track Club ? Des athlètes qui se sont fait tout seul et qui ont le potentiel pour devenir des athlètes professionnels. Ceux qui veulent continuer à poursuivre leur rêve Olympique avec ou sans sponsor. Des athlètes qui sont prêts à tremper leur pied toute la nuit dans du DMSO (non recommandé) pour pouvoir se lever le matin et courir de toutes leurs forces. Saucony fournira la structure et j’indiquerai la direction mais l’essence du projet doit être là. Malgré ce que les nostalgiques disent, j’ai toujours espoir qu’il y ait des athlètes « à l’ancienne » ici.